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Projets Antérieurs

Cette rubrique concerne les projets que la FHS a eu à mettre en œuvre dans le passé ou encore les partenariats qui sont arrivés à terme. Il s’agit en particulier de la Formation en Gestion ainsi que des Projets agroforestiers MAMPU et GUNGU.

Dans le but de renforcer les petits et micro-entrepreneurs congolais et les amener à s’insérer progressivement dans le circuit formel, la FHS avait mis en place un Programme de Formation en gestion. Ce programme consistait à offrir une formation et un accompagnement en management aux micro-entrepreneurs et à leurs associations. L’objectif poursuivi était de renforcer leurs capacités organisationnelles, institutionnelles et techniques afin qu’elles participent au processus du développement économique du pays.

Le programme a été exécuté par le CADEA asbl, de 1998 à 2014 au profit des associations des micro-entrepreneurs de Kinshasa et de Matadi et s s’articulaient autour de 4 axes ci-après : la formation-accompagnement, les échanges-concertations, les recherches et publications ainsi que la consultation.

La formation consistait à faire acquérir aux participants des connaissances et des techniques susceptibles d’améliorer leurs capacités de gestion tandis que l’accompagnement-conseil est une assistance apportée aux bénéficiaires dans l’analyse des problèmes et dans la recherche des solutions appropriées dans la mise en place des outils de gestion.

Les échanges-concertations quant à eux, sont des actions qui avaient pour objectif de « décloisonner » les entrepreneurs et de les « ouvrir » aux autres et à leur environnement afin qu’ils parviennent à mieux s’adapter aux évolutions des marchés et à s’intégrer dans la dynamique de la vie économique nationale. Pour ce faire, des conférences-débats, des visites guidées ou des visites d’entreprises, des dialogues sociaux et des colloques étaient organisés.

Les recherches et publications pouvaient être menées à l’initiative du CADEA ou à la demande de partenaires, suivant des préoccupations et des modalités à définir. Enfin, la consultation portait sur plusieurs aspects, notamment l’assistance à la création d’une micro et petite entreprise, à l’élaboration ou la révision des structures organisationnelles, la conception, la gestion et l’évaluation des projets.

Mampu représente aujourd'hui une exploitation agricole durable d'environ 8000 hectares à environ 140 km de Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC).

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L’histoire de Mampu

Entre 1977 et 1984, le Centre forestier de KINZONO (CFK) a travaillé sur l’identification d’une espèce arboricole adaptée au milieu écologique des Batéké pour implanter des plantations forestières sur les sols sablonneux de savane. Les résultats de ces travaux ont permis de nommer l’acacia auriculiformis comme le plus performant pour développer une plantation dédiée au bois énergie.

A partir de 1987, l’Etat congolais en concertation avec les chefs de terre d’après la coutume, concède 8000 ha non loin du CFK, pour développer un Projet de plantation. Sur financement de la CEE, une société privée hollandaise (HVA) prend le marché. Un centre de vie est construit pour accueillir 500 travailleurs avec tout le matériel et les infrastructures nécessaires aux travaux de plantation. Une pépinière de 6 ha est aménagée, plus de 8 millions de plantules d’acacia mais aussi d’eucalyptus sont produits entre 1987 à 1993 pour boiser 8 000 ha de savane pure. Les moyens mis en œuvre, les techniques innovantes de conduite de pépinière et de plantation, contribuent à la réussite du projet.

En raison des événements politiques de 1993, HVA n’a pu participer au démarrage de l’exploitation des arbres et à la production de charbon de bois, comme prévu dans le contrat qui l’avait fait venir. La société hollandaise ferme définitivement ses bureaux à Kinshasa en 1993, mettant ainsi fin aux activités au plateau Batéké.

En 1995 la Fondation Hanns Seidel signe un contrat avec le Ministère de l’Environnement et se voit confier la responsabilité d’organiser le suivi de la plantation. Elle recrute une équipe pour organiser l’entretien des pare-feu, le fonctionnement de l’école primaire et l’entretien du centre. Le matériel prévu dans le projet initial pour la transformation du bois en charbon est au port de Matadi. La FHS s’occupe de le faire sortir de douane et l’achemine à Mampu où il est monté ainsi qu’un grand hangar de stockage.

En 1997, l’idée nait de faire de Mampu un projet de développement au profit d’une population qui sera chargée de l’exploitation des arbres et de leur renouvellement. Un programme de recrutement des fermiers est alors mis en œuvre, ainsi que l’encadrement des premiers fermiers implantés. Le CADIM après s’être beaucoup impliqué dans la lutte anti incendie de la plantation et à l’entretien du centre, sera le premier acteur de ce programme. 250 fermes de 25 ha seront ainsi distribuées à des familles de volontaires en six promotions entre 1997 et 2001.

En 2004, l’Union Européenne relance son programme de coopération avec la RDC, la Fondation Hanns Seidel propose une action intitulée : « Contribution à la relance de la production agricole à Mampu ».

L’objectif de ce premier projet est l’amélioration du niveau nutritionnel de la population de Kinshasa par une augmentation de l’approvisionnement des marchés de la ville. Pour cela l’action travaille sur l’augmentation et la diversification des productions de Mampu, mais aussi sur l’amélioration du niveau de vie de la population de Mampu et le perfectionnement technique des producteurs.

La mise en commun des diverses expériences ainsi que l’observation sur le terrain ont permis d’élaborer une technique d’exploitation de la forêt innovante qui permet le renouvellement des arbres grâce à la régénération naturelle assistée (RNA) lors d’une mise en culture immédiate des espaces exploités après l’abattage : l’agroforesterie avec l’acacia est née à Mampu. Cet aspect va permettre à la Fondation Hanns Seidel d’engager de nouveaux programmes pour multiplier l’agroforesterie en milieu villageois puisque que sa durabilité a été démontrée.

En découlent des formations techniques sur la gestion agricole, forestière, économique et communautaire dispensées à la population pour une meilleure prise en charge de la plantation par la communauté constituée de tous les fermiers. Le soutien au système associatif a été une préoccupation permanente ; il en résulte :

  • Une association regroupant tous les fermiers volontaires (UFAM) ;
  • Un regroupement des producteurs de miel (RAMA) ;
  • Une structure coopérative d’épargne et de crédit (FAIDEC).

Sur les acquis de cette première expérience, un deuxième projet est lancé en 2007 qui a permis de continuer le renforcement de la communauté de Mampu et d’exporter l’acacia en dehors des frontières de Mampu. En effet, dans le projet les groupes bénéficiaires ont été élargis dans plusieurs villages du plateau. C’est ainsi, qu’il a été démontré que le système d’association des cultures derrière une plantation d’acacia tel que mis en place à Mampu avec des gros moyens, peut également être reproduit par des populations villageoises, constituant ainsi un modèle de développement rural durable.

Enfin, depuis 2009, Mampu connait une phase d’autonomisation, où la population des producteurs est responsabilisée pour faire fonctionner les biens communautaires et organiser l’exploitation de la plantation de façon individuelle sur chaque bloc boisé devenu ferme. Au sein de leur association l’ensemble des producteurs gère :

  • La distribution d’eau potable (2 forages et un aménagement de source)
  • La commercialisation de la production de manioc de Mampu
  • La gestion du centre urbain et son marché
  • La gestion de l’ensemble du domaine et de chaque ferme en particulier (rythme d’abattage des arbres, entretien des pare-feu, …)

Le support de l’UE, la volonté du ministère de l’environnement et l’implication de la Fondation Hanns Seidel ont permis de démontrer qu’un projet de développement au profit des populations urbaines et rurales peut aboutir à une réalité durable et bénéfique pour l’environnement, mieux qu’on n’aurait pu l’imaginer à la genèse de ce projet aux objectifs agro-industriels.

Depuis Mampu, l’agroforesterie qui associe l’acacia aux cultures en savane s’impose comme une solution pour :

  • La protection des écosystèmes forestiers par la production de charbon de bois et la redynamisation des sols en savane ;
  • L’amélioration des conditions de vie en zone rurale et donc la baisse du flux migratoire vers les grands centres urbains ;
  • La sécurisation de l’approvisionnement en bois énergie et vivriers sur les marchés des grandes villes.

Transport d'acacias grâce au développement de la traction bovine

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Le Projet Gungu

Le Projet Gungu (Province de Kwilu) a été lancé par la Fondation Hanns Seidel (FHS) en 2009 avec pour objectif d’améliorer la sécurité alimentaire et de lutter contre la pauvreté des populations du Territoire de Gungu. Ce Projet visait à développer un programme d’Agroforesterie avec l’acacia auriculiformis en milieu paysan pour mettre en culture des espaces de savanes assurant ainsi une durabilité des productions agricoles et des revenus des producteurs grâce à l’impact fertilisant des acacias sur le sol (apports de matière organique et d’azote).

Dans sa première phase (2009-2012), le Projet s’est appuyé sur deux ONG locales, le Comité Paroissial de Développement d’Aten (CPDA) et l’Equipe de Développement Rural pour le Développement Intégré (EARDI), qui étaient chargés de sensibiliser et de mobiliser les autorités coutumières et la population du Territoire afin d’ouvrir les premiers sites agroforestiers de la région. Durant cette période, des sites agroforestiers ont été ouverts dans 40 villages, impliquant chacun sur des terres villageoises 10 à 15 familles de cultivateurs issues de la communauté du village. Au total, environ 1000 hectares ont été boisés en acacias.

Dans sa seconde phase (2013-2017), nos deux partenaires ont continué d’encadrer ces sites, tandis que la collaboration a été élargie avec les 6 Secteurs du Territoire afin d’étendre l’action dans 20 nouveaux villages, et par là même le boisement d'une surface totale de 550 hectares de savane. Plus de 500 familles d’agriculteurs du Territoire de Gungu regroupées en 45 communautés villageoises ont directement été impliquées dans le Projet.

Comme principale retombée du Projet, les paysans ont augmenté leurs productions de manière insoupçonnée. Ils sont maintenant capables d’assurer l’alimentation familiale et vendre des surplus pour mieux subvenir aux besoins quotidiens, à la scolarité des enfants et aux soins médicaux. Les producteurs se sont professionnalisés techniquement et se sont organisés pour se regrouper en associations afin de mieux gérer leurs principales filières de commercialisation. En effet, ces associations sont autonomes dans la gestion de leur dépôt et de leur moulin, qui enregistrent des recettes régulières permettant leur autofinancement.

D’autre part, les producteurs diversifient leurs activités avec de l’apiculture, du transport attelé et une production de charbon de bois débutée en 2017 pour les sites les plus anciens (acacias âgés d’au-moins 7 ans). Les parcelles mises en culture dans un premier temps ont laissé la place à des plantations d’acacias qui totalisent environ 1500 hectares et représentent la future source d’approvisionnement en charbon de bois des villes de la Province.

Par ailleurs, la mise en valeur des savanes par un labour, une pratique agroforestière systématique et l’implication de communautés villageoises constituent une sécurisation des zones de production dans le long terme. L’implication des autorités coutumières et administratives est un appui pour la continuité des activités, elle représente une appropriation à tous les niveaux et laisse imaginer une duplication des activités. En effet, on assiste aujourd’hui autour de Gungu à une distribution des terres agricoles raisonnée au profit de familles d’exploitants autochtones engagés dans une agriculture durable pour de meilleurs résultats contribuant au développement des communautés locales.

Ce changement de comportement des gérants traditionnels des terroirs villageois est le résultat d’un dialogue encouragé par la FHS entre les chefs coutumiers et les entités administratives de base qui ont été sensibilisées et formées à ce travail.