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Dialogue Social

De 1998 à 2014, la Fondation Hanns Seidel avait développé un programme d’accompagnement des micro-entrepreneurs et de leurs associations, en collaboration avec le CADEA (Centre d’Actions pour le Développement des Entreprises en Afrique). A l’issue de ce programme et compte tenu des besoins en formation exprimés par les associations bénéficiaires, la Fondation avait jugé opportun de poursuivre leur encadrement à travers un nouveau programme qui devait tenir compte des réalités propres à chaque association ainsi que de leurs contextes d’intervention. C’est ainsi qu’à la fin de l’année 2015, le Programme de renforcement des associations des micro-entrepreneurs de Kinshasa et de Matadi « communément appelé Dialogue Social » a été lancé. Ce programme est exécuté directement par quelques associations qui ont pris part au Programme d’accompagnement du CADEA et vise d’une part à renforcer les associations dans leur processus d’autonomisation et, d’autre part, à resserrer les liens de coopération entre les associations, la population et les autorités locales.

Deux principales approches ont été adoptées en vue de la mise en œuvre de ce programme. Il s’agit des matinées de réflexion ainsi que des forums ou dialogues sociaux. Les matinées de réflexion sont des cadres d’échanges et de réflexion regroupant une vingtaine d’associations autour de l’association pilote. Ces échanges portent entre autres sur le fonctionnement et la structuration des associations, la mobilisation des fonds, la défense des intérêts des membres, la collaboration avec l’Etat, etc. Chaque association pilote a identifié dans son milieu, 20 associations parties prenantes au programme. Les délégués de ces associations participent régulièrement aux séances de travail.

Les forums quant à eux sont des tribunes d’échanges et de discussion autour des problèmes majeurs rencontrés par la population. Les délégués des associations évoluant dans le milieu ainsi que les autorités locales prennent part à ces assises qui aboutissent à la formulation des recommandations pour la résolution des problèmes sociaux de base. C’est donc une approche participative qui vise à renforcer la collaboration de la population avec les autorités locales dans le processus de développement communautaire. Au niveau de la ville de Kinshasa, quatre associations ont été identifiées pour assurer le rôle « d’associations pilotes » dans ce programme. Ces associations ont été sélectionnées parmi les anciens bénéficiaires du CADEA. Le principal critère qui a motivé la sélection était leur ancrage dans leurs milieux d’intervention, la durabilité de leurs actions ainsi que leur capacité à autofinancer leurs activités et à fédérer les autres associations autour des initiatives communautaires.

En vue de créer une synergie entre les associations-pilotes, des réunions de réseautage sont organisées au niveau de sièges de ces associations. Ce sont des rencontres qui leur permettent de se connaître mutuellement, de partager leurs expériences et de développer un travail en réseau. Les associations ci-après ont été retenues comme partenaires du programme à Kinshasa : AMAMID (Action des Mamans Mobilisées à l’Initiative du Développement), NCM (Nouvelle Chambre des Métiers), CELTRAG (Centre pour l’Elevage, la Transformation et l’Agriculture) ainsi que SADECU (Santé, Développement et Culture).

Une association a été retenue à Matadi, sur base de mêmes critères et a débuté avec ses activités en avril 2017. Il s’agit de GRAIN (Groupe de Recherche d’Animation des Initiatives Novatrices). L’expérience pourra être étendue à d’autres associations de Matadi, en fonction de l’appropriation de l’action par les bénéficiaires.

Plateformes

Face aux nombreux problèmes auxquels fait face la population de Kingabwa sur le plan sanitaire, socio-culturel, environnemental, économique, sécuritaire…, les associations de Kingabwa qui participent au Programme du Dialogue Social ont décidé de fédérer leurs efforts pour mettre en place un cadre en vue de réfléchir ensemble sur le devenir de leur quartier. Ainsi est née la Fédération des organisations de la société civile pour le Développement Intégral du Congo, FEDICO asbl, une structure d’impulsion, d’encadrement, de vulgarisation des stratégies et d’élaboration des projets pour le développement local.

Conformément à ses statuts, la FEDICO asbl a pour mission de contribuer à l’identification des politiques et des stratégies visant l’amélioration du bien-être des populations-cibles. Elle voudrait aussi être l’interlocutrice valable des organisations de Kingabwa et de Matete vis-à-vis des autorités locales, municipales et urbaines.

Durant l’évaluation des activités du programme réalisée au début de l’année 2017, les associations de Kingabwa et de Matete avaient relevé notamment le faible niveau d’application de la plupart des recommandations formulées lors des matinées et forums sociaux. Une des raisons soulevées était le manque de reconnaissance officielle de la plateforme auprès des instances du pays. Face à ce constat, les associations se sont mobilisées pour soutenir matériellement et financièrement les démarches d’officialisation de leur structure. C’est depuis le 21/06/2017 que la FEDICO Asbl a été enregistrée à l’Office Notarial du District de Mont-Amba, ville de Kinshasa.

Actuellement, les démarches sont menées en vue de l’obtention de la personnalité juridique de la FEDICO. D’autres associations intéressées au développement de Kingabwa et de Matete continuent à adhérer à cette nouvelle plateforme qui veut servir de levier à l’autonomisation économique des associations et à la participation communautaire.

Dans la recherche des solutions aux problèmes rencontrés par les associations de Kinkole, plusieurs Groupes de Solidarité d’Epargne et de Crédit (GSEC) ont été créés. Lesdits groupes ont permis la mobilisation des ressources financières et la participation active des membres aux réunions. Avec le nombre croissant des GSEC, il s’est fait sentir un besoin réel de création d’une plate-forme. Après plusieurs réunions de concertation, les associations se sont convenues de créer la Coopérative Agricole de la N’Sele, en sigle COOPAGRIN.

Parmi les objectifs qu’elle s’est assignée, la COOPAGRIN vise à rendre les associations viables et fiables et à appuyer l’autonomisation de leurs membres. Concrètement, la COOPAGRIN apporte une contribution dans les trois volets ci-après : l’émergence de l’entreprenariat des membres des associations et l’augmentation de leurs revenus, la promotion de l’agriculture et la diversification de la production agricole ainsi que la transformation et la commercialisation des produits agricoles.

La COOPAGRIN compte deux catégories de membres à savoir : les personnes physiques et les personnes morales. Les personnes morales sont les GSEC ou toute autre association ayant rempli les conditions définies à l’article 10 des statuts.

Depuis sa création en avril 2017, la coopérative développe déjà plusieurs activités dans le domaine de la sécurité alimentaire, à travers la mise en place des cultures vivrières, le maraichage, la transformation et la vente des produits agricoles.

Parallèlement aux démarches de son officialisation, la COOPAGRIN organise une série d’activités de renforcement des capacités pour permettre aux maraichers d’accroître leurs productions, d’améliorer la qualité de leurs produits et de créer un circuit de vente, autrement dit pour les aider à quitter les activités de survie et à s’engager dans la pérennisation.